Les résultats du Baromètre Vélo dans les Hauts-de-France

Le Baromètre Vélo 2025, organisé par la FUB, est la 4ᵉ édition de la plus grande enquête citoyenne mondiale sur le vélo. Menée du 28 février au 2 juin 2025, elle vise à recueillir le ressenti des usagers sur les conditions de circulation à vélo dans leur commune, qu’ils soient cyclistes réguliers, occasionnels ou même non-pratiquants.

Chaque réponse alimente une base de données précieuse pour orienter les politiques cyclables et interpeller les élus, notamment à l’approche des élections municipales de 2026. Cette année, plus de 334 000 personnes ont participé, couvrant 12 900 communes. Ce succès témoigne de l’ancrage du vélo dans le quotidien des Français et de la montée en puissance d’une France du vélo plurielle et engagée, des métropoles aux villages ruraux.

Les résultats nationaux ont été dévoilés par la FUB le 18 septembre. Le collectif régional Vél’hauts de France est heureux de vous présenter le palmarès régional.

Une participation en forte hausse

La nouvelle édition du Baromètre des villes cyclables 2025 révèle une dynamique exceptionnelle dans les Hauts-de-France. Alors que la participation nationale progresse de +20 % (passant de 277 000 à 334 000 contributions), la région enregistre une hausse spectaculaire de +44 %, avec 22 638 contributions contre 15 668 en 2021. Cette mobilisation reflète une prise de conscience collective et un engagement
croissant des habitants pour une mobilité plus durable.

Néanmoins, les résultats du Baromètre Vélo 2025 révèlent une participation très hétérogène au sein des Hauts-de-France. Tandis que les départements du Nord et du Pas-de-Calais enregistrent une mobilisation significative, avec de nombreuses communes qualifiées et des dynamiques cyclables bien établies, une « diagonale du vide » se dessine clairement dans la région. L’Aisne, la Somme et le nord de l’Oise apparaissent comme des zones de faible participation, traduisant un manque d’engagement ou de sensibilisation autour des enjeux cyclables. Ce contraste territorial met en lumière une fracture dans le développement des aménagements cyclables : au nord, les infrastructures se densifient et les politiques cyclables s’affirment, tandis qu’au sud, de vastes zones restent encore peu investies par les usagers du vélo et les collectivités. Cette disparité doit être prise en compte dans les futures politiques régionales afin de garantir une équité d’accès à une mobilité active et durable sur l’ensemble de la région.

Des communes de plus en plus engagées

Le nombre de communes qualifiées dans les Hauts-de-France a bondi de 134 %, atteignant 269 communes. Cette évolution illustre l’intérêt croissant pour le vélo, y compris dans les territoires périurbains et ruraux.

Des progressions nationales remarquables

Au niveau national, la Métropole Européenne de Lille affiche une progression remarquable de +14,3 %, soit la meilleure performance parmi les EPCI de plus de 300 000 habitants. Nombre de communes de la MEL se retrouvent ainsi distinguées qu’elles soient rurales ou urbaines. L’engagement financier de la MEL trouve ici toute sa justification et sera à consolider pour permettre la levée des points durs qui restent à traiter sur le territoire.

Dans le même temps, la ville de Lille enregistre une hausse de +18,51 %, ce qui en fait la plus forte progression parmi les villes françaises de plus de 200 000 habitants.

Ces résultats traduisent les investissements conséquents réalisés par la MEL et la volonté politique affirmée de la ville de Lille en faveur du vélo. Ils rapprochent ces territoires des modèles les plus cyclables de France et doivent les encourager à poursuivre et amplifier cette dynamique.

Palmares des progressions nationales

Les meilleures progressions dans la région

Parmi les villes de 50 000 à 200 000 habitants, Saint-Quentin (Aisne) enregistre la plus forte progression régionale, suivie de Tourcoing et Amiens. Malgré ces avancées notables, ces communes restent classées D (Saint-Quentin) ou E (Tourcoing et Amiens), ce qui traduit une amélioration du climat vélo, mais aussi des marges de progression importantes pour atteindre un niveau de cyclabilité satisfaisant. Ces résultats montrent que la dynamique est enclenchée, mais qu’un renforcement des politiques cyclables reste nécessaire pour répondre aux attentes des usagers.

Parmi les villes de 20 000 à 50 000 habitants, Creil se distingue avec une progression de +39,38 %, devant La Madeleine et Compiègne. Si ces trois communes montrent une dynamique encourageante, La Madeleine se démarque par son classement C, tout à fait respectable, là où Creil et Compiègne restent en catégories moins favorables. Ces résultats traduisent des efforts significatifs, mais aussi des enjeux persistants pour améliorer le climat vélo et répondre aux attentes croissantes des usagers.

Dans les villes de 5 000 à 20 000 habitants, Wavrin enregistre une progression remarquable de +40 %, devant Liancourt et Faches-Thumesnil. Si Liancourt affiche une forte dynamique, elle reste néanmoins classée F, ce qui traduit des conditions encore peu favorables à la pratique du vélo. À l’inverse, Wavrin et Faches-Thumesnil, toutes deux classées C, témoignent d’un engagement politique plus affirmé et d’un climat vélo en nette amélioration. Les résultats illustrent des trajectoires contrastées, mais aussi le potentiel de transformation dans les communes de taille intermédiaire notamment quand les financements de l’agglomération permettent de réelles modifications de l’espace public comme cela a été le cas à Wavrin (avec la liaison cyclable gare – Institut Saint Marie de Beaucamps ou la construction d’une piste cyclable avec le choix courageux de supprimer 40% des places de stationnement automobile sur l’axe).

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Enfin, parmi les communes de moins de 5 000 habitants, Lompret se distingue avec une progression spectaculaire de +77,4 %, devant Prémesques et Sangatte. Ces territoires ruraux montrent qu’ils peuvent être des acteurs à part entière du changement, en s’engageant dans une dynamique cyclable ambitieuse. Leur mobilisation témoigne d’une prise de conscience locale et d’une volonté de rendre le vélo accessible et sécurisé, même dans les plus petites communes.

Les meilleurs climats vélo (les villes les plus cyclables)

Parmi les villes de plus de 50 000 habitants dans les Hauts-de-France, trois communes se tiennent dans un mouchoir de poche en matière de climat vélo :

  • Dunkerque obtient la meilleure note avec 3,9,
  • suivie de Villeneuve-d’Ascq (3,75),
  • et Lille (3,65).

Ces résultats traduisent une qualité perçue croissante des aménagements et des politiques cyclables dans ces grandes villes, et confirment leur position de leaders régionaux en matière de cyclabilité.

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Pour les villes de 20 000 à 50 000 habitants, c’est Coudekerque-Branche qui se distingue avec une note de 4,29, la meilleure dans cette catégorie. Elle est suivie par La Madeleine (3,8) et Lambersart (3,51). Ces résultats témoignent d’un climat vélo favorable dans ces communes, où les usagers perçoivent une qualité d’aménagement et de sécurité supérieure à la moyenne régionale. Elles s’imposent comme des références locales en matière de cyclabilité.

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Dans les villes de 5 000 à 20 000 habitants, le climat vélo est particulièrement favorable à Aire-sur-la-Lys, qui obtient une note de 3,98, suivie de Bondues (3,92) et Orchies (3,79). Ces trois communes se tiennent dans un mouchoir de poche, illustrant une perception positive et homogène de la pratique du vélo par leurs habitants. Elles confirment leur engagement en faveur d’une mobilité active, avec des conditions jugées globalement satisfaisantes par les usagers.

Enfin, pour les communes de moins de 5 000 habitants, c’est Le Touquet-Paris-Plage qui arrive en tête avec une note remarquable de 4,44, suivie de Laigneville (4,12) et Leffrinckoucke (4,04). Ces résultats montrent que même les petites communes peuvent offrir un climat vélo de qualité, apprécié par leurs habitants. Elles s’imposent comme des exemples inspirants pour les territoires ruraux ou périurbains souhaitant développer une politique cyclable ambitieuse.

Ce 23 septembre à La maison des mobilités de Lille ont été remis les prix des meilleures progressions et des meilleurs classements.

Train + Vélo : une intermodalité en péril ?

Communiqué du collectif Vel’Hauts de France, Lille, le 13 juin 2025

La Région Hauts-de-France a annoncé la mise en place d’une obligation de réservation pour les vélos à bord de certains TER, entre le 6 juillet et le 2 novembre 2025. Cette mesure concernera six lignes majeures, vers Paris et vers la côte.

Nous croyons donc comprendre que l’objectif est de « réguler » l’emport des vélos dans les trains « touristiques » en période estivale.

Les lignes concernées :

  • K12 : Lille ↔ Paris (2 A/R par jour, uniquement les week-ends)
  • K13 : Paris ↔ Maubeuge (via Saint-Quentin)
  • K14 : Paris ↔ Saint-Quentin
  • K16 & K21 : Paris ↔ Amiens ↔ Calais (via Abbeville, Le Touquet, Boulogne-sur-Mer)
  • K70 : Lille ↔ Dunkerque

Une mesure qui interroge

Si l’objectif semble être de réguler l’affluence estivale, la période annoncée s’étend bien au-delà de l’été. Cette décision risque de pénaliser à la fois les touristes et les usagers du quotidien, notamment les travailleurs qui dépendent du vélo pour leurs trajets domicile-travail.

Deux publics, deux besoins

  • Les pendulaires : pour de nombreux salariés, le vélo est un maillon essentiel de leur trajet quotidien. Pour éviter l’emport, il faudrait :
  1. Une offre de stationnement sécurisé et facilement accessible dans toutes les gares, ce qui pourrait permettre d’avoir deux vélos, dont un qui resterait stationné en gare de départ ou d’arrivée.
  2. Que les stationnements existants soient ouverts (plusieurs vélo-stations sont créées mais non ouvertes, particulièrement dans l’Oise)
  3. Que la vélo-station de la gare du Nord à Paris soit accessible avec la carte Pass-Pass
Gare de Dunkerque
Gare de Creil
Gare de Chantilly

Sans ces conditions et en rendant compliquée la possibilité d’emport des vélos, la mesure risque d’être contre-productive en incitant les salariés à se tourner vers la voiture. Pour mémoire, le collectif « Mon vélo dans le train », et la FUB (Fédération des Usagères et Usagers de la Bicyclette), rappellent que « la réservation doit rester facultative, accessible et équitable, sans pénaliser les cyclistes réguliers. »

  • Les touristes : entre les politiques régionales différentes, les sites de réservation multiples et les barrières linguistiques… c’est parfois plus simple de traverser l’Europe à vélo que de réserver une place dans un TER. Le risque est de voir les touristes se tourner vers d’autres régions plus accueillantes.

Une stratégie à revoir ?

Plutôt que de restreindre l’accès aux vélos, les associations appellent à investir dans des infrastructures adaptées et à développer une vraie stratégie intermodale :

  • Une offre de location de vélos en gare (via les employeurs, les CCI, la SNCF, ….), favorisant aussi les vélos pliants, non comptabilisés dans les trains
  • Stationnement sécurisé dans toutes les gares (jour & nuit) :
    • Création d’abris sécurisés dans toutes les gares et mise en service de ceux qui sont réalisés mais fermés
    • Accès faciles aux abris avec la seule carte Pass Pass même sans abonnement SNCF

Pour une mobilité durable et cohérente

En attendant la réalisation effective d’aménagements et la mise en place de location de vélos en gare de départ et/ou d’arrivée, nous demandons à ce que cette période soit considérée comme une phase de tests, sans verbalisation.

Regrettant qu’une décision aussi impactante ait été prise unilatéralement malgré les relations nouées avec la région l’an dernier, Les associations du collectif Vel’Hauts de France se tiennent à disposition pour tout échange constructif car le train et le vélo sont des alliés naturels dans la transition écologique. Encore faut-il leur donner les moyens de cohabiter harmonieusement. La Région est appelée à revoir sa copie pour favoriser une mobilité douce, accessible et inclusive.

Contacts presse :
Droit au vélo  : Michel Anceau, Directeur 03 20 86 17 25‬,‭ michel.anceau@droitauvelo.org
VélOOise : Thierry Roch, Président 06 29 43 71 31, thierry.roch@velooise.fr
Nils Hollenstein, chargé de Plaidoyer ‭+33 6 56 69 21 54‬, nils.hollenstein@velooise.fr

Le collectif Vel’Hauts-de-France à la rencontre des élus avec la FUB à Saint-Quentin

Ce week-end, il n’y avait pas que le Paris-Roubaix pour mettre en avant le vélo. Ce vendredi 5 avril 2024, 4 membres du collectif Vel’Hauts-de-France, accompagnés de Olivier Schneider, co-président de la FUB (Fédération des Usagères et Usagers de la Bicyclette) ont rencontré à l’hôtel de Région, Olivier Engrand, Conseiller régional délégué à la mobilité dans les territoires.

Pour ce premier rendez-vous depuis le départ de Franck Dhersin et l’adoption du plan vélo le 5 octobre dernier, les associations souhaitaient échanger avec les élus des engagements de la Région en faveur du vélo.

Les participants à la réunion (de gauche à droite) : Michel Anceau – Droit Au Vélo à Lille, Thierry Roch – AU5V à Creil, Olivier Engrand – Région, Olivier Schneider – co-président de la FUB, Christian Louchez – Partageons la rue Calais, Guillaume Bellard – Véloxygène Amiens.

Les associations attendent un chef de file engagé
pour la réalisation du Schéma Régional Voies Vertes et Véloroutes

Le collectif et la FUB ont insisté sur la nécessité d’avoir un chef de file engagé pour la réalisation du Schéma Régional Voies Vertes et Véloroutes. Pour Thierry Roch de l’AU5V, elles butent parfois sur des EPCI (des communautés de communes) qui ne s’intéressent pas toujours aux interconnexions avec les EPCI voisines, ne développent pas toujours une logique d’itinéraire. Michel Anceau pour l’ADAV invite à vulgariser les bons exemples régionaux et le travail de diagnostic des associations locales.

Mr Engrand encourage les associations à porter ces sujets dans les comités de bassin de mobilité, les comités des partenaires régionaux et locaux mis en place par la LOM (Loi d’Orientation des Mobilités) et dans les PAMS (Plans d’Actions en Faveur de la Mobilité Solidaire). La Région des Hauts de France est la plus en avance sur la mise en place de ces comités. Il rappelle que la Région s’appuie sur les Départements qui sont maitrise d’ouvrage pour la réalisation du schéma.

La relation avec les représentants d’usagers est une des
orientations prioritaire du plan vélo régional

Mr Engrand a rappelé que la relation avec les représentants d’usagers est une des orientations prioritaire du plan vélo régional. La Région a rejoint le réseau national Vélo & Territoires en 2023 pour s’engager aux côtés des autres collectivités en faveur de la promotion du vélo comme mode de transport alternatif. Les associations saluent ce partenariat et l’engagement de la Région. Elles attendent qu’elle encourage les départements (qui sont souvent maitrise d’ouvrage) à faire avancer le déploiement du schéma régional.

Des réunions d’échanges à mettre en place pour une remontée du terrain

Mr Engrand a souhaité également que deux à trois réunions d’échanges soient organisées chaque année entre avec les membres du collectif pour suivre et faire avancer les différents sujets. Il a rappelé le prochain rendez vous des rencontres régionales du vélo qui aura lieu en juin. Il souhaite que les problèmes de mobilité soit identifiés à partir « du terrain », là où sont implantées les associations. Il souhaite également la mise en place de comités d’usagers.

Le collectif s’est réuni à Saint Quentin avec Vélo2

Les membres du collectifs avaient ensuite rendez-vous à Saint Quentin, pour retrouver la plus jeune association régionale : Vélo2. Le co-président de la FUB et les membres de Vélo2, ont rencontré Mr Michel Magniez, élu Saint Quentinois, et Mr Fraise, Vice-Président du département de l’Aisne.

Les membres de Velo2, Olivier Schneider et le Département de l’Aisne représenté par Mr Fraise.

Vendredi soir, Velo2 a organisé une magnifique balade à vélo à Saint Quentin pour faire découvrir les derniers aménagements cyclables.

Toute la journée de samedi, les associations du collectif Vel’Hauts de France se sont ensuite retrouvées avec la FUB pour développer une stratégie de plaidoyer commune.

En plus des participants présents à Lille, il ont été rejoints par d’autres représentants : Vellovaque (Beauvais), Partageons la Rue (Calais), Droit d’Vélo Douaisis (Douai), Roues Libres (Tourcoing), Recycle Moi (Roubaix), En Savoir Plus (Amiens), CyclotransEurope représentée par Marcel Beaussart et Marie-Elisabeth Malik.

Retrouvez notre communiqué de presse.

La Région des Hauts de France a adopté son plan vélo 2024-2028

Nous l’attendions l’année dernière, il a été voté cette année, le 5 octobre, lors de la séance plénière de la Région, les élus régionaux ont voté l’adoption du Plan Vélo 2024-2028 à la quasi unanimité.

Pour mémoire, la Région est la tête de file des sujets de mobilité sur le territoire notamment sur l’organisation des Transports.

Ce plan vélo souligne que « Les associations du vélo sont nombreuses en France et en région Hauts-de-France. Leur rôle est fondamental pour développer l’usage du vélo dans tous les territoires. »

Ce nouveau Plan Vélo pour la période 2024-2028 a pour but de clarifier le rôle des différents acteurs, et notamment, celui de la Région, dans un objectif de construire une région cyclable.

Les enjeux du Plan Vélo s’articulent autour de 9 orientations :

  • Développer les infrastructures cyclables et suivre la mise en œuvre du Schéma Régional des Véloroutes (SRV) : en charge de l’élaboration et de la coordination du SRV, la Région, en lien avec les Départements, cofinance les véloroutes en priorité en milieu rural.
  • Le vélo, maillon de la chaîne de déplacements : la Région, en tant que chef de file de la mobilité et autorité organisatrice des transports régionaux, souhaite encourager la mobilité cyclable dans les territoires, et ceci dans une logique intermodale.
  • Bâtir un partenariat avec les associations qui favorisent le développement du vélo sur les territoires : la Région renforce son partenariat avec les associations d’usagers, en les conviant aux différentes instances de gouvernance locales et en les associant à l’élaboration du SRV.
  • Développer l’écomobilité scolaire : la Région finance, avec les partenaires, des actions de sensibilisation aux mobilités durables destinées aux lycéens, avec son dispositif Génération + Rev3 ou encore le challenge de l’écomobilité scolaire. Elle soutient également le Centre ressource en écomobilité (CREM).
  • Le vélo créateur de richesses à travers le vélotourisme : Avec trois itinéraires européens traversant le territoire (EuroVelo 3, 4 et 5), la Région Hauts-de-France a des atouts conséquents pour attirer les touristes étrangers, notamment les voisins belges, néerlandais ou allemands.
  • Le vélo, créateur de richesse : pour répondre aux défis de la transition énergétique, économique et sociale, la Région a pour objectif de créer de nombreux emplois. En ce sens, le vélo, dans toute sa chaîne de valeur (fabrication, entretien, vente ou location) et son utilisation par des professionnels, ouvre de belles perspectives de développement de nouvelles activités décarbonées.
  • La coopération à l’interrégional et à l’international : en tant que gestionnaire des fonds européens INTERREG, la Région accorde une attention toute particulière aux projets de connexion du réseau cyclable régional des pays transfrontaliers.
  • La Région exemplaire : la Région met en place, pour ses agents, le forfait mobilités durables (FMD), qui favorise l’utilisation du vélo pour les déplacements domicile-travail.
  • Soutenir et diffuser la culture vélo, et le sport-santé : les Hauts-de-France sont une terre de sports, et particulièrement de vélo. En effet, elle accueille et soutien de grandes manifestations sportives telles que le « Paris-Roubaix » ou les « quatre jours de Dunkerque »

Les rencontres régionales du vélo, à Valenciennes le 14 juin 2023. Photo au5v

Un bilan annuel, de ce nouveau Plan Vélo sera réalisé et présenté aux partenaires des Rencontres Régionales du Vélo auquel sont conviées les associations vélo.

53 principes

Le plan détaille 53 principes, parmi les plus saillants (ou ceux qui nous parlent le plus), nous noterons :

  • no 12 – A travers son Plan vélo, la Région Hauts-de-France affirme que l’emport de vélos dans les TER restera gratuit et sans réservation préalable.
  • no 13 – La Région respectera le décret LOM en termes de nombre d’emplacements vélo dans ses TER.
  • no 15 – La Région pilotera une étude spécifique sur la connexion cyclable des gares au réseau régional des véloroutes puis financera ce dernier kilomètre cyclable vers les gares.
  • no 18 – La Région lancera une expérimentation de vélo libre-service à l’échelle d’un territoire ou d’une ligne de train.
  • no 20 – La Région s’appuiera sur le réseau d’acteurs du collectif Vel’Hauts de France pour intégrer les préoccupations des cyclistes dans ses politiques, et relayera leurs actions dans sa communication sur le vélo. La Région mettra en place des échanges réguliers avec les associations d’usagers du vélo, travaillera sur leurs propositions et les associera à la mise en œuvre du Plan vélo.
  • no 21 – La Région veut également s’assurer de la présence des associations d’usagers du vélo dans les lieux de concertation. Ainsi, elle s’est engagée à en faire un partenaire associé du Comité régional des partenaires – instance régionale issue de la LOM, et de les convier lors des comités de bassin, instances locales des bassins de mobilité, qui auront en charge la rédaction des COM et des PAMS (voir orientation n°2).
  •  no 23 – La Région soutient annuellement le Challenge de l’écomobilité scolaire. Cet événement, organisé par le CREM et animé par l’ADAV en association avec En Savoir Plus, est ouvert à l’ensemble des écoles maternelles et élémentaires et aux collèges de la région. L’objectif est de le développer également sur les lycées, et étudier la possibilité de le développer pour les CFA.
  • no 26 – La Région pilotera une étude sur la connexion cyclable des lycées au réseau régional des véloroutes, puis financera ce « dernier kilomètre » cyclable vers les lycées.
  • no 31 – Un maillage de relais-vélos sera élaboré avec l’ensemble des partenaires et territoires traversés, et permettra d’améliorer l’expérience des cyclistes, qu’ils soient touristes de passage ou habitants.
  • no 41 – La Région Hauts-de-France soutient la proposition de faire de l’année 2024 « l’Année Européenne du Vélo ».

Le collectif Vel-HautsDeFrance félicite la Région pour l’adoption de ce plan vélo. Elle note toutefois qu’aucun budget n’a été voté. Il ne reste plus désormais qu’à le doter d’un financement.

Téléchargez le plan vélo complet.

Stationnement vélo sécurisé : les gares des Hauts de France accusent un retard important 

Quels objectifs ?

Dans les Hauts-de-France, 106 gares sont soumises à l’obligation d’installer des stationnements sécurisés pour les vélos, pour un total de 4950 places, d’ici le 1er janvier 2024.

Où en est-on ?

Avec seulement 28% des gares conformes au décret, les Hauts-de-France figurent dans le bas du classement des régions d’après les données de juillet 2023 qui seront publiées ce jeudi 28 septembre par Vélo & Territoires.

A Dunkerque, l’objectif est dépassé,
90 places attendues dans la loi
et 100 places dans ce parking

Les disparités entre les gares sont fortes :  les objectifs sont dépassés dans une trentaine de gares, comme à Dunkerque, Armentières ou Templeuve, où les parkings sont parfois déjà saturés. Certaines petites gares, soumises à l’obligation d’installer une dizaine de places, se montrent aussi plus volontaristes, telles que Mouy-Bury (Oise), Seclin (Nord) et plus généralement les petites gares de l’ancienne région Nord – Pas-de-Calais.

Toutefois, une quarantaine de petites gares demeurent totalement non-équipées, alors même que la loi ne prévoit que 10 ou 20 emplacements, ce qui présente peu de difficultés techniques : c’est le cas à Poix de Picardie, Rieux Angicourt, Saint Leu d’Esserent ou encore Saint Sulpice Auteuil.

Stationnement vélo
en gare de Lille Flandres

44 places installées
par l’Agglo en Gare de Creil,
là ou 250 places sont attendues
©Photo ACSO

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L’analyse du collectif

L’enjeu est fort pour les plus grandes gares, où les besoins sont importants. Creil, la troisième gare des Hauts de France avec 20 000 voyageurs par jour dispose de seulement 44 places vélo sécurisées (installées en 2022 par l’agglomération et saturées en quelques mois), loin de l’objectif de 250 places prévues dans la LOM. La gare de Lille-Flandres dispose actuellement de 590 places de stationnement, bien que la LOM en exige 1000. À l’inverse, la gare Lille Europe va se doter en 2024 de 460 places bien visibles, soit 80 de plus que la LOM. Plus inexplicable la gare de Valenciennes se contente toujours d’une dizaine d’arceaux installés sur le parvis de la gare…

les vélobox, installés
notamment dans la plupart
des gares de l’ex région Picardie

Actuellement, l’offre d’abri sécurisé est gérée par TER Hauts-de-France et plusieurs opérateurs locaux, ce qui en résulte des règles d’accès différentes et bien souvent limitées à un usage pendulaire, rendant généralement leur usage compliqué pour des voyages occasionnels et pour les vélo-touristes. L’offre actuelle est également très peu adaptée aux vélos cargos, dont la pratique est pourtant en forte hausse.

La Région Hauts-de-France a besoin d’une plateforme régionale regroupant l’ensemble de l’offre des abris vélo sécurisés tout opérateur confondu, ce qui permettrait d’avoir une vue d’ensemble de l’offre existante et de faciliter les inscriptions, avec un titre unique donnant accès à tous les abris de la région. Cette offre doit également être doublée par des arceaux vélos en libre accès pour les usagers occasionnels.

Les cyclistes de la région font face à une réduction de place de vélo dans les trains. Si l’offre de stationnement était à la hauteur, cela inciterait les cyclistes pendulaires à avoir un deuxième vélo en gare de destination plutôt que de l’embarquer. Enfin, pour qu’ils soient utilisés, les abris doivent être aménagés dans des espaces visibles afin de bénéficier d’une surveillance informelle de la part du public et doivent également être régulièrement entretenus.

Manifestation en gare de Clermont-de-l’Oise en 2019 ©France3

« Les communautés de communes (qui sont Autorités Organisatrices de la Mobilités) sont souvent impliquées pour une amélioration de la situation mais butent face à Gares & Connexions qui diffuse des informations au compte-goutte. Il est parfois nécessaire, comme à Clermont-de-l’Oise, que les associations organisent des manifestations pour que Gares & Connexions réponde et fasse avancer des dossiers. »

Consignes individuelles
à Boulogne Tintelleries

Téléchargez le communiqué national de la FUB (Fédération des Usagers de la Bicyclette) et celui du collectif Vel’Hauts-de-France.

Crédits Photos ©DroitAuVélo, ©AU5V